location appartement studio essaouira maroc Rent apartment essaouira Morocco alquiler apartamento essaouira Marruecos
  essaouira-mogador-tamouziga
 

essaouira_Mogador
Si Essaouira est l´une des cités les plus attachantes de la côte atlantique marocaine, elle le doit certainement à son climat tempéré toute l´année, à la gentillesse de ses habitants, à son patrimoine culturel et architectural, mais surtout à l´atmosphère unique qui règne dans ses ruelles, grouillantes de badauds, de pêcheurs, de commerçants et d´artisans, auxquels viennent se mêler des artistes du monde entier.
Depuis quelques années, elle connaît un essor touristique considérable, et des liaisons aériennes régulières depuis 1998 contribuent à son développement jusque-là parfaitement maîtrisé..

Essaouira regorge de places, de remparts, de fortifications et de monuments historiques. Cette enceinte est un condensé d'architecture harmonieuse et cependant hétéroclite. Héritage culturel des siècles précédents, son édification récente est raffinée et imposante. On y découvre d'impressionnants remparts, la squala et ses portes ; une Médina époustouflante, des mosquées, synagogues et églises, ainsi qu’une multitude de riads, conservés intacte et réaménagé dans la plus pure tradition marocaine. 
 

Son histoire remonte au ViIIe siècle av. J.C. Les Phéniciens faisaient escale dans l´île de Mogador lorsqu´ils descendaient vers l´équateur. Juba II, roi de Mauritanie, y installa plus tard une fabrique de pourpre, alors très recherchée par les Romains. Le site fut ensuite tour à tour occupé par les Portugais et les sultans Saadiens. Le véritable fondateur de la ville fut le sultan Alaouite Sidi Mohamed Ben Abdellah qui en confia le tracé à Théodore Cornut (élève de Vauban) en 1760.
Essaouira (anciennement Mogador) devient très vite le port de Tombouctou, on y échange des produits manufacturés en Europe contre de l´or, du sel, du sucre, et... des plumes d´autruche.
Plus récemment, dans les années 50 et 60, Essaouira devint le refuge privilégié des rockers (Cat Steven - Jimmy Hendrix...) qui venaient s´y ressourcer, et Orson Welles y tourna son fameux film "Othello".

rocheuse. Face à l'océan, entourée de
collines, de forêts et de dunes, Essaouira jouit d'un microclimat exceptionnel, favorisant les cultures céréalières,
arboricoles et maraîchères, ainsi que l'élevage de cheptels de caprins et une production forestière qui en est la base.
Son artisanat est riche et varié, témoin du brassage de culture. Ainsi les souiri sont maîtres en orfèvrerie, en marqueterie et ébénisterie de thuya essentiellement. D'autres trésors comme l'huile d'argane, La pêche est un secteur d'activité qui demeure important grâce à son port, le cœur d'Essaouira et l'halage de son chantier naval unique au monde. Le tourisme est en pleine expansion de part son site balnéaire exceptionnel, sa réserve naturelle sur l'île MOGADOR , sa Médina classée patrimoine mondial par l’unesco.
Un tourisme étoffée par la symbiose culturelle et historique et la coexistence ethnique arabe, berbère et juive.
 

  L'histoire d'Essaouira

essaouira, provient probablement du mot arabe de Al Souirah, soit la petite forteresse entourée de murailles... D'autres personnes disent que ce nom est un dérivé de Atassouira (ou At'souira) : photographie. Jusqu'à la proclamation de l'indépendance du maroc, essaouira fut appelée, Mogador, probablement une traduction du Portugais de Amogdul (le bien gardé). En tout cas, les livres penchent pour cette hypothèse puisqu'il paraîtrait qu'à partir du Xème siècle la ville fut baptisée ainsi du nom du saint patron berbère de la cité, Sidi Mogdoul, enterré à 3 km de la ville.

L'histoire d'essaouira commence au VIIe siècle av J.C. Les Phéniciens faisaient escale dans l´île de mogadorlorsqu´ils descendaient vers l'Afrique noire. Une poterie, retrouvée sur l’île d’essaouira et signée du nom de l’amiral carthaginois Magon, atteste la présence des Carthaginois autour de la cité vers 630 avant J-C. La plus importante de ces îles sera habitée de façon permanente pour la première fois par les romains à partir de la fin du Ièr siècle avant J-C. Le roi de Mauritanie, Juba II, y installe un établissement pour extraire la pourpre, ce précieux mollusque qui leur procurait la fameuse couleur pourpre dont ils teignaient leurs toges. Ce même colorant donnera son nom aux îles Purpuraires au large d'essaouira.

A partir du Xème siècle, dans le port d'essaouira transitaient toutes les marchandises produites dans la province du souss
 et dans tout le sud marocain. Au XIVème siècle, Amogdoul devient Mogdoura pour les Portugais qui s'y installèrent. Ils firent de la cité un important comptoir commercial. En 1506, ils y construisent un petit port et plusieurs fortins. Ce qui allait conférer à la ville sa configuration spécifique. Une forteresse tellement utile qui atténuait son caractère vulnérable en raison de sa trop grande exposition. Les Portugais encouragèrent à l’époque l’exploitation intensive de la canne à sucre. Transformée par les Espagnols en Mogadour les Français lui donneront le nom de Mogador.

Récupérée par l'Empire Chérifien marocain, elle fut d'abord restaurée par Moulay Abdelmalek en 1628. L’économie d’Essaouira a connu son apogée depuis le 17ème jusqu’au début du 20ème siècle grâce, notamment à la présence massive des juifs appelés par le sultan Ahmed El Mansour Eddahbi et a celle d’une importante communauté européenne. De nombreuses sucreries ont été construites au Maroc par les Sâadiens, en particulier dans le Haouz. C’est à cette glorieuse époque que les échanges économiques et commerciaux se sont développés avec l‘Europe. Le petit port d'Essaouira deviendra plus tard une véritable base navale. Au XVIII ème siècle, le sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah décida de construire un nouveau port pour favoriser le commerce entre l'Afrique et l'Europe consolidant l'action de ses prédécesseurs. Ainsi, il fit appel à un français, Théodore Cornut, disciple de Vauban, qui en dessina les plan. Le Sultan y fit établir par la suite de nombreux consulats européens renforça la présence de la communauté Juive venue des autres villes du Royaume et de la compagne environnante.

Lors de l'édification d'Essaouira au XVIII ème siècle, des batteries de canons furent placées en plusieurs points de la ville afin de mieux la défendre et de faire de ce port un lieu sûr pour les marchands. A l'entrée du port fut construit un bastion circulaire, le Borj El Bermil. Sur l'île de Mogador fut bâti, à la même époque, le Borj El Assa ( bastion de surveillance ). Au total on compte 8 batteries réparties sur les six îles qui font face à la ville. Enfin au sud de la baie d'Essaouira, à l'embouchure de l'oued Ksob, on éleva le Borj El aroud. Ces fabrications à la Vauban avaient également pour fonction de protéger la cité du côté des terres contre les incursions des tribus insoumises. Outre l'aspect défensif, les fortifications avaient pour but de stopper l'ensablement de la ville. L'idée a été, depuis cette même période, d'enrayer la progression des dunes attenantes par la plantation d'arbres, qui stabilisent le terrain.

Essaouira connaît une véritable histoire de murailles qui se mêlent les unes aux autres : Murailles extérieures, grandes et majestueuses et petites murailles intérieures plus humbles confèrent à la ville, trois visages totalement différents; La Médina, la Kasbah et le Mellah. Pendant très longtemps, Essaouira a regroupé une population marocaine, constituée à 50% de musulmans et 50% de juifs, et des époques où ces derniers étaient majoritaires dans la ville.

L’ancienne médina était cernée par les portes qui protégeaient la ville et qui étaient fermées après le coucher du soleil. La Kasbah est le plus ancien quartier de la cité. C'était le quartier résidentiel du Makhzen constitué des dirigeants de la ville. On y accédait par la porte « Bab Sbaâ » en la longeant vers le nord on trouve « Bab Doukala » et à l’Est de cette dernière « Bab Marrakech » donne sur les nouveaux quartiers à la limite des durs.

Le nord de la Kasbah était occupé par les consuls. Le sultan aavait fait bâtir une maison pour chacun d’eux. La kasbah était également la maison d’Espagne « Dar Musica » conçue selon plans espagnols. La maison du Danemark et la maison de Hollande étaient située au bout de la rue Hoummane El Fatouaki. A l’entrée nord de la Kasbah « Derb Laâlouj » se trouvait la résidence de l’envoyé Gênes. En 1775 le Sultan créa un atelier pour la frappe des monnaies dans La Kasbah où se trouvait également, à l’époque, la maison d’Allemagne, à l’extrémité de la rue Ibn Zohr où étaient bâtis une église et le consulat portugais.

La grande mosquée de Sidi Ben Youssef se trouvait à la limite de la Kasbah et la médina. Les juifs, dont la plupart étaient commerçants, intermédiaires économiques et politiques ou représentants consultant des puissances étrangères, habitaient le quartier Mellah situé au front de mer, côté Ouest de la Kasbah. Ce quartier a été construit sur ordre de Moulay Slimane pour alléger la Kasbah.

Le palais du Sultan qui s’appelait « Dar Sultan »,était construit à l’extérieur et au sud de la ville, près de la côte. Il était meublé à l’européenne et comportait cinq pavillons dont il n’en subsiste que quelques ruines. En 1820, le palais Dar Sultan servait aux autorités locales. Avant d’être entièrement ensablé, il était entouré d’une forêt de tamaris.

En 1863 une nouvelle Kasbah est bâtie sur ordre du Sultan Mohamed Ben Abderrahmane.

« Barakat Mohamed » qui signifie la bénédiction du prophète, est un terme sacré pour les habitants d’Essaouira. On trouve cette inscription un peu partout dans la ville : sur les quatre faces deux donjons de la Sqala portugaise, sculptée sur les quatre faces du premier monument, à l’entrée de la ville, par la côte. Elle est présente aussi les objets artisanaux (sur des plaques de thuya) et dans les oeuvres des artistes peintres et des calligraphes.

Dans les années 60, Essaouira devint le refuge privilégié des hippies. Orson Welles y tourna son fameux film "Othello". Depuis quelques décennies les surfeurs  attirés par les vagues et le souffle régulier des alizés en on fait une destination sportive très en vogue.

Essaouira a connu deux styles différents de musiques : la musique des Haha (une des ethnies berbères du Maroc) au sud de la ville  et la musique des Chiadma (ethnie arabe du Maroc) au Nord. Mais Essaouira est aussi connue pour la musique de transe de la confrérie des Hmadcha qui organisent un Moussem chaque année à Essaouira. Leur Zaouia, lieu de culte et de rencontres, se trouve dans la Médina.


La ville a également exporté à travers le monde l
a musique des Gnaoua (ou Gnawa : descendants des guinéens probablement) célèbre dans de nombreux pays. C'est une musique de transe où le corps s’exprime et se libère. Les Gnaoua sont d’anciens habitants de la cité ; ils sont des maîtres musiciens et utilisent les instruments à percussion et à cordes (tambour et guenbri) ainsi que les crotales (krakech)… Leurs chants tristes et plaintifs racontent les souffrances vécues de leurs ancêtres. Cette communauté islamisé a gardé à travers cette musique et à travers d'autres activités un côté animiste et quelque peu vaudou.

Le moussem de Regraga qui commence au printemps, vers le 5 avril et dure une semaine, est un événement des plus marquants dans la culture marocaine.   Les Regraga sont reçus tous les ans par les notables de la ville au rythme des Hmadcha. Un accueil très particulier, empreint de culte et de dévotion, leur est réservé durant leur particulier, empreint de culte et de dévotion, leur est réservé durant leur parcours qui commence de leur Zaouia dans la région de Akermoud au Nord ‘Essaouira, en passant par Diabet. Toute la ville attend cet événement qui apportera joie et apaisement de l’âme et chassera les mauvais esprits. Durant leur séjour ils seront acclamés et vénérés par tous et reçus à grands plats de couscous, met traditionnel du pays.

En décembre 2001, l’organisation des nations unies pour l’éducation, les sciences et la culture (UNESCO), a inscrit la médina d’Essaouira dans la liste prestigieuse des sites qui font partie du patrimoine de l’humanité
.

Cette reconnaissance mondiale n’est pas adressé uniquement au coté architecturel et historique de la ville, mais aussi à un ensemble des pratiques et de modes de vie spécifiques à Essaouira : c’est un lieu exceptionnel de coexistence pacifique entre différentes religions et ethnies (musulmans, juifs, chrétiens…), un havre de paix et de tolérance entre des hommes partageant des valeurs humanistes que cette ville cosmopolite a su cultiver à travers toute son histoire.

Des gens de différents horizons du monde et beaucoup d'artistes l'ont adopté : peintres, musiciens et écrivains ont trouvé le lieu idéale pour la création dans cette ville qui est un véritable musée à ciel ouvert

L'artisanat n'est pas de reste. Il constitue une source non négligeable. Sculpture sur bois, surtout, mais aussi sur l'argent et le bronze. Les tables souiries, de toutes sortes, sont fort prisées, du fait de leur design difficilement égalé (souvent disponibles dans les magasins dits "tendances" en Europe et aux Etats-Unis, etc.)

Les habiles artisans d'Essaouira travaillent surtout le bois de Thuya, l'arbre le plus répandu localement. Le bois, aussi appelé en arabe"A'arar". Il est relativement rare donc très prisé des artisans. ils utilisent surtout les racines de l'arbre, naturellement sculptées de motifs forts agréables à la vue.

Autre spécificité de la ville, les ressources naturelles dont regorge son arrière pays, mais surtout, l’arganier, un arbre unique au monde (ne pousse que dans cette région du monde) qui s’adapte aux conditions climatiques locales et qui donne un fruit à base duquel on fabrique l’huile d’argane connu pour ses bienfaits diététiques et cosmétiques. En 1999, l’UNESCO, a classé cet arbre comme patrimoine universel qu’il faut préserver et sauvegarder. Sans oublier qu'Essaouira
c'est le Royaume de la Dame Sardine au Maroc... A déguster frais au port, cuites devant vous.

histoire d'ssaouira

L'histoire d'Essaouira est intéressante à plus d'un titre, son passé est perceptible à tous coins de rues. pour vous en convaincre, allons nous plonger dans le charme discret de cette ville qui a su conserver son cachet et son originalité.

Une véritable histoire de murailles,. Murailles extérieures, grandes et majestieuses et petites murailles intérieuyres confèrent à la ville, trois visages totalement différents. La Médina, la Kasbah et le Mellah,; pendant très longtemps, essaouira a regroupé une population marocaine, constituée à 50ù de musulmans et 50ù de juifs, comme du reste de nombreuses autres villes marocaines.

Parmi les monuments les plus prestigieux d'essaouira, la Porte de la Marine, construite en 1769, ou encore la Skala du port, une batterie dont les canons ont été fabriqués en Espagne. La ville, est jonchée de canons, histoire tumultueuse oblige : la Skala de la Kasbah, une plate-forme longue de 200 mètres, un véritable Musée en plein air, porte cette marque indélébile du temps. Passé et présent, l'anachronisme s'il existe, n'est pas choquant, au contraire, ville de la parfaite cohabitation, le présent semble entourer de mille sollicitudes ce passé discrètement imposant. De magnifiques jardins, à l'offrande perpétuelle, prodiguent fraîcheur et jeunesse, sauvant ainsi de l'usure, ces sites admirables.

L'activité principale d'Essaouira est la pêche. Pendant de nombreuse années le port de la ville a été le premier port sardinier du Monde.

Essaouira, c'est le Royaume de la Dame Sardine. Comme Safi et Agadir, Essaouira regorge logiquement d'usines de conserves. Dans le port d'Essaouira, il y a de la sardine toute fraîche.

L'artisanat n'est pas de reste. Il constitue une source non négligeable. sculture sur bois, surtout, mais aussi sur l'argent et le bronze, Essaouira a plusieurs longueurs d'avance sur ses concurrentes. Les tables souiries, de toutes sortes, sont fort prisées, du fait de leur désign difficilement égalable. Mais c'est sur une histoire que nous allons nous quitter. L'histoire de l'ARGANIER : cet arbuste donnant un petit fruit en question s'appelle l'ARGAN. Très apprécié par les chèvres, surtout, celles-ci s'en donnent à coeur joie, sous l'oeil intéressé du berger.  

Une fois la digestion achevée, et le reste aussi, l'argan, après un long voyage, est récupéré, envoyé au pressoir pour nous donner une huile si pure, si fine, si légère : l'Huile d'Argan Bien curieuse tradition, mais le résultat fait oublier le reste. Après un tagine de poissons Souiri, succulent, à l'huile d'argan, vous partagerez mon avis. Cest rarissime. Alors ne l'utilisons pas pour le bronzage bien qu'elle soit très conseillée pour la peau, car, comment puis-je l'oublier, Essaouira, c'est aussi sa plage au sable fin et son climat doux et agréable : magnifique.

Les Iles Pourpres de Mogador

En allant au port d’Essaouira et en regardant la mer, on remarque deux îles et de minuscules îlots proches de la côte. Cet archipel regroupe les îles de Mogador (ancienne Essaouira) ou îles purpuraires (de la couleur pourpre). Interdites d’accès, ces îles en apparence abandonnées, ont pourtant tant de choses à nous raconter…

Le site de Mogador connu depuis l'Antiquité accueillait déjà les Phéniciens, au VII ème siècle av. J.C.
Ils faisaient escale dans l´île de Mogador en descendant vers l'Afrique noire. Et lorsque les navires phéniciens, carthaginois, romains et portugais croisaient le long des côtes marocaines, la rade de Mogador les attiraient irrésistiblement. Plumes d'autruches, sel, épices, aloses, sucre, céréales, pourpre, chevaux, poudre d'or, étoffes... On y trouvait tout ce dont un marin peut rêver. Très tôt (au XIème siècle), Mogador desservit tout le sud du Maroc. Au XVIII ème siècle, le port et la ville en face des îles furent édifiés avec les premiers remparts. La plus importante de ces îles fut occupée de façon permanente pour la première fois, par les Romains à partir de la fin du premier siècle avant J-C. Le roi de Mauritanie Juba II y créa un établissement pour extraire la pourpre. Cette teinture était obtenue à partir d'un coquillage très répandu dans les fonds marins de la région: le murex. Ce précieux mollusque servait à fabriquer la couleur pourpre qui teignait les toges romaines. C’est donc ce colorant qui donna son nom aux îles Purpuraires.

Posté par Ibn Khaldoun, 19 juillet 2006 à 13:42

Des fouilles qui n’ont pas encore tout révélé

Les premières fouilles archéologiques, datant de 1950, avaient permis de découvrir sur le site des pièces de monnaies, des fragments en céramique et d'amphores de l’époque romaine. En 1951, un matériel, encore plus ancien (lampes puniques, épigraphie sémitique) fut trouvé, à plus de deux mètres de profondeur. Entre 1956 et 1959, une abondante céramique phénicienne, accompagnée de fragments d'amphores grecques et de vases chypriotes furent trouvés dans les niveaux inférieurs. Lors des travaux de 1957 une importante habitation Mauritanienne, remaniée et agrandie à l'époque romaine, sera découverte. Des archéologues marocains et allemands sont tout récemment allés sur les traces des vestiges de l'île de Mogador. Cette équipe scientifique avait pour objectif l'étude de l'île de Mogador et des occupations antiques qu'elle a connues : l'occupation phénicienne, mauritanienne, la période de Juba II et l'occupation romaine. D’ailleurs, pendant ces périodes antiques, le site d'Essaouira était déjà mentionné dans les récits des historiens, géographes et voyageurs. Certaines dénominations d’époque indiquent l'emplacement de Mogador : Thamusiga, citée par Ptolémée (IIe siècle av. J.-C.) et île de Cerné indiquée dans des textes antiques (Le périple d'Hanon au VIIe siècle av. J.-C.). L’équipe scientifique
maroco-allemande a travaillé pendant quinze jours sur l'île, classée Site d'Intérêt biologique et écologique (SIBE) depuis 1980. Par ailleurs, des géophysiciens ont effectué des prospections géophysiques. Ce programme, d'une durée de cinq ans renouvelable, est financé majoritairement par l'Allemagne. Il ne se limite pas aux fouilles. Il englobe aussi des formations pour la recherche. Des étudiants allemands et marocains intégreront l'équipe d'archéologues. Par ailleurs, deux amphores datant d'environ 2000 ans, ont été découvertes dernièrement. Elles ont été repêchées par un ramasseur d'algues aux environs de l'île, à une profondeur de 12 m.

Posté par Ibn Khaldoun, 19 juillet 2006 à 13:42

Histoire d’îles

L’île de Mogador est le site phénicien le plus à l'ouest de la Méditerranée occidentale. Lors de l'édification d'Essaouira au XVIII ème siècle, des batteries de canons furent placées en plusieurs points de la ville. À l'entrée du port fut construit un bastion circulaire, le Borj El Bermil. Afin de mieux défendre la cité et de faire de son port un lieu sûr pour les marchands, Borj El Assa (bastion de surveillance) fut bâti sur l'île de Mogador. Au total, huit batteries sont réparties sur les six îles faisant face à la ville. Ces constructions devaient aussi protéger Mogador du côté terrestre, contre les assauts des tribus insoumises. Cela se passe au milieu du XVIII ème siècle, sous la dynastie Alaouite. Le port devient une véritable base navale. Le sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah décide de construire un nouveau port pour favoriser le commerce entre l'Afrique et l'Europe. Il fait appel à un français,
Théodore Cornut, disciple de Vauban, qui en dessine les plans. Les expéditions coloniales se succèdent en 1844. Deux compagnies françaises prennent part à l'expédition du Maroc. Au bombardement de Tanger, les fusées " à la Congrève " sont lancées par les artilleurs de marine, puis c'est, le 15 août, le bombardement et la prise de l'île de Mogador. La plus grande île de 300 hectares, appelée "île du pharaon", abrite un ancien bagne désaffecté, construit à la fin du XIX ème siècle ainsi qu'une mosquée avec son minaret et quelques fortifications abandonnés. Cette île est située à 800 m de l'extrémité de la jetée Ouest du port de la ville. Aujourd'hui, la visite de ces îles est devenue interdite. L’île de Mogador est un site protégé qui abrite une réserve ornithologique (mouettes, goélands…). Une espèce de faucons, le Faucon Eléonore (espèce très rare en voie de disparition) vient s'y reproduire entre avril et octobre avant de repartir pour Madagascar. Pour toute visite, il faut obtenir une autorisation de la province d'Essaouira.

Posté par Ibn Khaldoun, 19 juillet 2006 à 13:42

Essaouira la Tolérante

Comme toute ville musulmane, Essaouira, que les Occidentaux appellent Mogador, est une cité vertueuse. Pourtant, elle a eu son époque hippie. Une courte mais riche parenthèse débridée, où l'on osa tout. Celle-ci commença peut-être avec Judith Malina et Julian Beck, les fondateurs du Living Theater. À New York, dès 1947, ces pionniers du Off Broadway avaient imaginé de fusionner théâtre et réalité afin de purger la vie de ses hypocrisies. Appliquant à la lettre les écrits d'Artaud, promptement virée de la Grosse Pomme, leur troupe s'était tôt muée en communauté itinérante et avait battu pavillon noir un peu partout aux États-Unis puis en Europe. Jusqu'au Festival d'Avignon de juillet 1968 que le groupe boycotta parce qu'il n'était pas intégralement gratuit et qu'il ne pouvait y jouer son morceau de bravoure : Paradise Now. Soit un grand bazar de création collective, un happening médiocre mais symptomatique, avec clochettes, nudisme et tambours de chamans. Avec Combis Volkswagen, bébés et patchouli, ils seraient donc une trentaine à partir plus au sud relever le défi de l'émancipation universelle. Essaouira ? Pourquoi pas ? La vie sur cette côte n'était pas chère et il s'y tenait des nuits de transe «maraboutiques». Les mystérieuses pratiques «fakiriques» de diverses confréries d'origines immémoriales – les Hamadchas, les Aïssaouas et surtout les Gnaouas – intriguaient ces affamés d'ailleurs.

Judith Malina savait aussi sans doute que Mogador comptait 40% de juifs au début du XIXe siècle et qu'elle était une ville de tolérance. Si, de 1948 à 1967, cette communauté avait presque entièrement fondu avec l'Aliyah, la cité ne demandait qu'à revivre dans ce même esprit d'ouverture qui avait gouverné son passé et assuré sa prospérité. Déjà quelques jeunes intellectuels continuateurs de la lignée tangéroise Bowles-Gysin-Burroughs avaient posé là leur sac. Frédéric Pardo, artiste touche-à-tout, filleul de Sartre, pionnier du happening ; Lakhdar Boujemâa, inventeur d'un Musée d'art populaire qui révélerait les peintres singuliers d'Essaouira... L'excentrique Georges Lapassade, qui deviendrait le sociologue réputé de Paris-VIII et qui filait aussi la route à cette époque-là, rencontra les têtes du Living à Grenade et les accompagna. À destination, constatant l'état de misère d'une localité «très étrange, comme perdue, oubliée, loin de tout», il écrivit Ville à vendre, texte qui allait battre le rappel bien au-delà des colonnes d'Hercule. Par ailleurs, Julian Beck, qui était déjà allé dans le désert jouer Tirésias en 1967 devant la caméra de Pasolini pour son Oedipe roi, connaissait un peu le pays. Enfin, dernière explication de la venue du Living dans le petit port atlantique : la troupe était liée à Ira Cohen. Ce père du psychédélisme avait produit un documentaire sur la tournée américaine de Paradise Now. Or il avait vécu au Maroc de 1961 à 1966, publiant les écrits tangérois des exilés beat dans sa revue Gnaoua, du nom de la confrérie de musiciens guérisseurs la plus représentée à Essaouira.

L'année 1969 fut donc celle où tout se noua. Julian et Judith donnèrent le ton, prônant l'égalité, l'amour libre, le corps exhibé et le LSD sur scène comme à la ville. Ils migrèrent au bout de trois mois et demi sous d'autres cieux, mais à Essaouira, leur «théâtre dans la rue» tourna bientôt dans la société locale aussi naturellement qu'un sibsi bourré de kif. «Le groupe a rapidement intégré pas mal de gens du pays», se souvient André Azoulay, conseiller du roi et natif de Mogador. Alimenté par de nouveaux arrivants européens ou américains, le mouvement né du Living a compté plusieurs dizaines de hippies. Ils habitaient à l'Hôtel du Pacha, rebaptisé depuis Riad al-Madina, dans le village voisin de Diabat, sur la longue plage où le Front homosexuel d'action révolutionnaire, emmené par Guy Hocquenghem, monta un éphémère bordel d'Occidentaux à deux dirhams la passe, dans la résidence en ruine du sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah, à Taghazout, ainsi que sur les îles Purpuraires, un ancien comptoir phénicien. «Sans juger de la manière radicale dont ils concevaient la liberté, ils étaient avant tout des esthètes», estime André Azoulay. En 1972 pourtant, les tensions qui existaient dès le départ s'exacerbèrent. De son côté, la police ne comprit rien aux nouvelles moeurs. Elle fit la chasse aux coiffures afro et, finalement, vers 1973, dispersa les derniers groupes sous un vague prétexte de trafic d'opium. Après leur départ, les jeunes Marocains qui s'étaient fondus dans le mouvement – ils étaient une quinzaine – ont été victimes de l'ostracisme de leurs compatriotes. «Je me souviens par exemple d'une fille-mère. Elle avait été si belle, elle était si seule», souligne Judith, la cadette de la famille Azoulay.

Si le maître gnaoua Abderrahman Paca – qui avait épousé une actrice occidentale et qui devint un des piliers de Jil Jilala puis de Nass el-Ghiwane, deux des formations les plus populaires du Maroc – ou Tayeb Saddiki, créateur du théâtre national, s'en sortirent brillamment, quel désenchantement depuis le grand rêve de 69 !

Il est vrai que cette année-là un touriste de marque avait hissé définitivement Essaouira aux premiers rangs de la hype des beautiful people. Le 28 ou le 29 juillet 1969, Jimi Hendrix descendait d'un vol first class JFK-Casablanca via Orly avec 2 100 dollars en poche. Son biographe le plus rigoureux, Caesar Glebbeek, assure encore que c'est au Méridien Royal Mansour de Casa, un 5-étoiles, qu'il passa sa première nuit africaine. Comment était-il arrivé là ? Son chef-d'oeuvre Electric Ladyland, paru depuis dix mois, avait fait une star du fougueux bluesman. Revers de la médaille, la pression était maximale. Son groupe, l'Experience, venait d'exploser, miné par les querelles d'ego. Pis : au Canada, des douaniers avaient saisi de l'héroïne dans ses bagages et Jimi, libéré sous caution, se trouvait menacé par un jugement fixé au 8 décembre. Enfin et surtout, Brian Jones, le leader déchu des Stones, venait d'être trouvé noyé dans sa piscine. Un peu de vacances s'imposaient.

C'est un ami de bringue, riche héritier, qui avait embarqué le Voodoo Chile dans l'aventure. Deering Howe partait rejoindre trois femmes. Stella et Luna Benabou, et Colette Mimram. Les deux soeurs, des Franco-Marocaines, étaient venues plus tôt avec la troisième pour quelques emplettes dans la médina qui serviraient à alimenter leur boutique de mode à Manhattan. Stella était l'épouse d'Alan Douglas, le créateur du premier disque de rap et d'albums où Malcolm X et Allen Ginsberg scandent des textes. Il collaborerait avec Jimi quelques mois avant que celui-ci ne meure. Lorsque Colette remarqua la silhouette cool qui débarquait derrière Deering, elle fut heureusement surprise. Le beau métisse Noir-Cherokee lui avait rendu quelque hommage par le passé, il n'était pas attendu, mais elle ne voyait aucun inconvénient à reprendre une liaison là où l'un et l'autre l'avaient laissée. Peace and love, ce n'était pas plus compliqué que ça. L'équipe loua une Chrysler avec chauffeur, direction Marrakech, à la Mamounia, un des meilleurs palaces du continent. Jimi n'avait emporté aucun instrument. «En revanche, Deering avait sa Guild acoustique», précise Yazid Manou, un des meilleurs «hendrixologues» mondiaux. Et Jimi ne put s'empêcher de la taquiner au bord de la piscine.

Marrakech était une fournaise. On poussa donc vers la côte. Hôtel des Îles et flâneries sur la plage venteuse. Jimi, sa bande et celle du Living se rencontrèrent au moins une nuit et fumèrent sûrement pas mal. Le lendemain, Jimi s'essaya à la marqueterie, s'acheta une djellaba, lut dans sa chambre des poésies. Et s'en retourna, reprenant les airs le 5 ou le 6 août pour préparer Woodstock. Trip éclair donc mais, s'étant déroulé entre le premier pas sur la Lune et les crimes de Charles Manson, il allait passer pour la métaphore parfaite de l'espoir et de la fin du rêve hippie. De ce voyage, pas une photo, pas d'enregistrement. Uniquement des rumeurs aussitôt cristallisées dans une légende de plus en plus riche. Elle attirerait Cat Stevens, Margaret Trudeau, Paul Simon, Paul McCartney, Led Zeppelin, les Rita Mitsouko... Non, pourtant, Hendrix n'a pas composé Castle Made of Sand à Essaouira. Mais peut-être que la chanson lui vint à l'esprit lorsqu'il aperçut les ruines du fort el-Baroud. Non, Timothy Leary, le pape de l'acid test, ne se trouvait pas sur place avec lui. Toutefois, il est sûr que les joints tournèrent à qui mieux mieux. Aujourd'hui, le fantôme du gaucher génial se croise partout au royaume de l'emphase méditerranéenne. On l'a vu dans un bar à shit à Oued Lahou, dans un autre sur les falaises de Tanger, au pied d'une cascade à Imouzzer... Il a dormi sur telle terrasse, tapé le boeuf avec tel percussionniste, gravi une montagne à Chefchaouen. En vérité, Hendrix n'a jamais mis les pieds dans le Rif et n'a joué avec personne sous ces latitudes. A-t-il seulement entendu les rythmes hélicoïdaux des Gnaouas ?

Loy Ehrlich aime à le croire. L'été prochain, lors du dixième anniversaire du Festival d'Essaouira, connu pour ses jams entre musiciens locaux et internationaux, celui qui en est un des directeurs artistiques prévoit de faire reprendre à la confrérie de ces descendants d'esclaves noirs les ultimes compositions de Jimi. Loy, qui a tendu le pouce jusqu'à Marrakech en 1971, est persuadé qu'elles ont été un peu inspirées par l'échappée belle de 1969. D'autres traces ? Actuellement à Diabat, un Jimi Hendrix Café meurt sur un terrain poussiéreux. Ses seuls clients sont les ouvriers d'une marina touristique qui va avaler le village. Au demeurant, Mogador le promet, il y aura toujours chez elle du rêve et de l'art. Il y a trop de vent l'été pour qu'y pousse autre chose.

 
   
 
=> Veux-tu aussi créer une site gratuit ? Alors clique ici ! <=